Exotisme toujours ...
 
Pour finir ce séjour par un feu d'artifice, j'ai appris par hasard qu'à 5 kms de l'endroit où on bossait (à 25 kms au S-O de Mexico), se déroulait ce dimanche 16 Mars l'Atrapando Al San Miguel (ne me demandez pas ce que çà veut dire, j'en sais fichtre rien), course de montagne de 22 kms et 1000m de dénivelé+et -. J'ai donc décidé que je serais mieux à crapahuter dans le Cerro del San Miguel (c'est le nom du massif) qu'à glander à l'hôtel.
 
Alors oui bien sûr, j'entends tout de suite les UTMBistes,TGVistes, 6000Distes et autres Grand-Duc-en-solo-ou-en-duoïstes se gausser de mon "exploit"...
 
- "Que 22 bornes, et seulement 1000m en positif et autant en négatif , bref, c'est un petit joueur..."
 
- "C'est pas faux..." Nez en moins, il y a un petit détail qui a son importance...
 
C'est que l'altitude de départ , c'est 2736 m et le pt culminant 3780 m, c'est à dire une altitude jamais atteinte dans n'importe quelle course française et même européenne.
 
Ah, ah, çà rigole déjà moins ...
 
Départ 10h, une centaine de partants, avec pas mal de spécialistes du "circuit National des courses de trail, montagne et SkyRunning" comme dit dans la présentation de la course.
 
Le parcours en gros c'est 2kms de montée assez cool sur petite route empierrée pour se mettre en jambes, puis 1er raidard en forêt, (une forêt d'arbres en bois, mais de quelle essence , j'en ai jamais vu des comme çà???), replat ,passage sous les arches de l'ancien couvent franciscain (sympa),2kms de route plate pour arriver à l'entrée du parc national... Après, c'est "dré dans l'pentu" (Aïe) jusqu'à Cruz Blanca (X blanche) (3070m) le long du "tubo", conduite forcée recouverte de pierres et/ou de mousse, avec des pourcentages diaboliques (+ de 40%, jamais vu çà en Europe), redoutable en montée, mais je ne vous dis pas en descente. Les 3 kms qui suivent, on monte le long du "mur des pénitents", succession de crans de montée raide et de faux-plats, pour finir raidement dans une coupe de bois, en terrain sablonneux avec d'énormes troncs en travers du chemin, en gros un 3000m steeple, mais en montée... Passage au mont del Caballete, et on poursuit par un sentier en balcon jusqu'au col du même nom, vue imprenable sur Mexico 1500m en dessous,au pied de la  chapelle du Mt San Miguel, dernier méchant coup de Q avant la chapelle et son ravito (le seul, eh oui, c'est spartiate) et retour tout schuss par le même chemin (le "tubo" en descente, c'est énorme!!!)
 
Et me voilà donc parti, seulement muni de bonnes chaussures, d'un inébranlable optimisme et de quelques gels dénichés au magasin de sport en face de l'hôtel.
 
A ma grande surprise, tout se passe admirablement bien. Après un départ tranquille, je remonte les chamois mexicains les uns après les autres, aucun souci de souffle, les jambes moulinent sans effort, tout baigne. Tout baigne tellement qu'à l'arrivée au dernier col, alors que je suis 6ème et à la bagarre avec 3 autres Masters B (44-49) pour la dernière place sur la caisse, je me laisse surprendre par le panorama époustouflant sur Mexico, et je loupe le dernier raidard, entraînant 2 compagnons d'infortune dans ma galère, et au lieu d'accéder directement à la chapelle, on en fait le tour. Bref, on y arrive après un passage hors-piste assez olé-olé par l'arrière, en ayant laissé en gros un débours de 10 à 15' sur la tête de course.
 
Quel âne...
 
Je gratte bien quelques chicanos effrayés par ma témérité en descente (je m'en fous, Europe Assistance assure le rapatriement sanitaire si besoin) et malgré 2 belles gamelles, j'arrive au ranch de départ en pleine forme (si, si, à part quelques plaies ,bosses et ampoules).
 
Je finis 11ème en 2h29, à 30' du 1er , 5ème en Masters B, alors que sans mon erreur, j'aurais raisonnablement pu espérer une place de 6ème , 3ème Master B et en environ 2h15. Mais aucun regret, c'était trop bon...
 
En résumé, l'ambiance des ces courses est très conviviale (le mexicain étant  affectueux et démonstratif, j'ai encore mal au dos des grandes bourrades qu'ils m'ont balancé pour saluer ma "perf." car il paraît que j'ai tapé quelques pointures de la spécialité), mais la différence principale, ce sont les tracés... En France et plus généralement en Europe, les parcours utilisent les sentiers existants, et donc il y a des lacets et la recherche du meilleur profil. Au Mexique, ils vont au + court dans la pente, ce qui donne des pourcentages sacrément costauds...
 
La grosse différence aussi, c'est qu'il ne font aucune distinction entre course de montagne, trail et skyrunning, tout est géré et regroupé sous la même bannière, par les mêmes organisteurs et dirigeants
 
Bref, une sacrée expérience...