1er point gagné pour l’UTMB !!

Vendredi 2 Mai 17h : fin de la journée de travail : en route pour l’Ardèche !

Météo idéale, seul souci : je sors timidement de  « l’infirmerie » en raison d’un point dans le bas du dos qui ne veut pas me lâcher malgré les bons soins de l’ostéo.

2h plus tard, arrivée à Desaignes , c’est l’émerveillement : cadre magnifique, village médiéval avec beaucoup de charme. J’y retrouve mes amis et nous savourons la pasta-party : servie à table s’il vous plaît, au son d’un petit orchestre.

Puis nous assistons à « l’embrochement » du bœuf qui sera servi à l’arrivée le lendemain.

Nuit en gîte : presque parfait, si ce n’est que le matelas est tellement souple, qu’il fait trampoline pour le voisin de lit !

Samedi, réveil 5h : petit déjeuner avec notre hôtesse qui court aussi sur 34 km.

Chacun s’affaire pour préparer sa boisson et son ravitaillement car nous courons en semi-autonomie et nous rallions le départ.

Grande question : 34 ou 57 km ? Sur notre groupe de 8, 6 optent d’emblée pour le « petit », dont mon amie Emmanuelle, qui s’est fêlée une côte… à la piscine ! 10 jours auparavant. Dans ma tête, c’était plutôt 57 mais mon dos me suggérait que 34 pourraient suffire : de toute façon, le départ est commun et c’est au 29ème km qu’il faut choisir.

8h : le départ est donné après un tour de village neutralisé.

Départ tranquille, le temps que les 1100 coureurs s’étirent sur le chemin qui n’est pas très large. Nous nous élevons progressivement, à travers prés et sous-bois, au pied d’un champ d’éoliennes, sur un plateau. C’est très pittoresque : passage d’un petit ruisseau, rencontre avec un troupeau de chèvres et avec un bouc aux cornes impressionnantes et à la puanteur encore plus impressionnante. Un orchestre nous encourage au détour d’un chemin dans les bois.

Je marche systématiquement dans les montées : qui veut aller loin ménage sa monture.

Du coup, j’ai le temps de faire connaissance ; en particulier avec un coureur qui vient de Bordeaux et dont la fille est gendarme à … St Ismier : le monde est petit. Il a déjà fait le 57 et m’encourage à le faire. Vu comme il transpire, il ne doit pas être bien meilleur que moi, et l’idée continue à germer. Sur le plateau, nous coupons une route : des spectateurs sont venus nous encourager, c’est sympa. Vue magnifique sur les Cévennes : Mont Mézenc et Mont Gerbier de Jonc. Nous empruntons une ancienne voie romaine qui nous conduit aux vestiges du château de Rochebonne que nous traversons : c’est magique. Attention, descente pierreuse et assez technique, passage au pied d’une cascade…. Et on regrimpe sur le plateau. Je fais connaissance avec une bretonne qui me raconte son trail de 67 km au pays basque l’année dernière…. et bien sûr m’encourage à faire le « grand ».

22ème km : premier ravitaillement, déjà 3h20 de course qui sont passées assez vite. Les prochaines seront plus longues. Je prends le temps de bien ravitailler, de remplir la poche à eau car il fait beau et chaud. La file des coureurs s’est maintenant bien étirée et je repars à mon rythme.

Et me voilà au fatidique embranchement du 29ème km : tout le monde part sur la droite : 34 km retour en descente sur Desaignes. Personne autour de moi ne prend à gauche vers le 57. Le pompier de service me regarde, se demandant de quel côté il devait m’inscrire. C’est là que je pense à Ludo qui m’a dit : si tu ne fais pas le 57 tu le regretteras. Le dos n’est pas pire qu’au départ, les jambes sont encore bien. Aléa jacta est : je prends à gauche et le pompier note mon numéro de dossard.

Le chemin descend, facile, mais je sais bien que c’est pour mieux remonter ! Personne en vue : je commence à me dire : si c’est comme ça jusqu’au bout ce ne sera pas marrant. Au bout de 10 à 15 min je rattrape un petit groupe dont ma bretonne qui me fait de grands sourires : ça fait du bien. Nous allons courir plus ou moins ensemble pendant près de 2h. Le chemin monte au milieu de genêts en fleurs qui parfument l’air.

Mais maintenant, plus de bois : le soleil tape, heureusement il y a un peu d’air.

Vers le 33ème km, nouveau ravitaillement : saucisson, dés de fromage : c’est mieux que les gels, y a pas photo ! Et notre petit groupe se reforme : on marche toujours en montée et on court encore sur le plat et la descente. On croise de belles fermes en pierres, très isolées. Passage de la rivière, le Doux, sur un petit pont de bois. Il paraîtrait qu’on soit vers le 42ème km : les jambes deviennent un peu lourdes…. Et on remonte vers un hameau : 3ème et dernier ravitaillement. C’est curieux, tout le monde prend son temps, d’autant plus qu’on voit ce qu’il nous reste à grimper : certainement la partie la plus raide qui nous mène aux vestiges du château de Rochebloine. Peut être bien que je vais regretter d’avoir écouter Ludo !!

Une sacrée grimpette en plein soleil : j’arrive en haut vers 15h (7h de course). Petite déception : les vestiges ne sont plus qu’un vague pan de mur mais on a une très belle vue sur le Vercors et dans le fond on devine les Alpes. Un promeneur me propose de me prendre en photo et nous dit qu’il ne nous reste plus que 35min ce qui nous laisse assez dubitatifs : évidemment, lui n’a fait qu’un km depuis sa voiture !

Ma bretonne est partie devant, je ne la reverrai plus, mais l’autre fille du groupe fait une grande pause et reste derrière : je ne la verrai plus non plus.

Je repars en trottinant : c’est à peu près plat, et je double quelques concurrents qui marchent. Les jambes un peu raides tout de même, je ne lève pas suffisamment les pieds et m’étale dans l’herbe. C’est un avertissement : il faudra faire attention à la descente. Après 2 km de plat, il reste environ 6 km de descente : les jambes avancent plus ou moins automatiquement ; les concurrents sont rares.

Et à environ 2 km de l’arrivée, je me fais doubler par une fusée : incroyable, comment fait-il pour en avoir encore autant sous le pied ? puis un deuxième, puis une fille toute fraîche ! Enfin, je comprends : ce sont les concurrents du 10 km qui partaient à 15h.

Ouf, l’honneur est sauf !

Sur le bord du chemin, je croise Emmanuelle et Daniel qui sont venus m’encourager après leur 34 : ça fait du bien. J’entends la sono : je tiens le bon bout. Traversée du pont sur le Doux ; nombreux spectateurs qui applaudissent et enfin le centre du village.

Je l’ai fait : 8h05 à ma montre, 8h08 officiellement et pas fracassée, juste (un peu) fatiguée, ni plus, ni moins mal au dos qu’avant… et j’ai bien mérité, en guise de goûter, le bœuf à la broche (et oui, il en reste) et l’assiette souvenir !

La bretonne a mis 7h59min54s : quelques secondes qui font toute la différence.

Même assez d’énergie encore pour faire un (petit) tour au bal le soir !!

Merci Ludo de m’avoir poussée : sans toi, je pense que je ne me serais jamais mis cette idée dans la tête, et c’est bien connu, quand on ne l’a pas dans la tête…….

Reste plus qu’un point à décrocher …..… et c’est parti pour l’UTMB !!!!